Août 2025
Auteur : Luisa Giles, Ph. D., professeure adjointe, Université Fraser Valley.
Référence: Giles, LV. Thomson, CJ. Lesser, I. Brandenburg, JP. Running Through the Haze: How Wildfire Smoke Affects Physical Activity and Mental Well-Being. J Phys Act Health. 2024 Nov 6;21(12):1435-1445. doi: 10.1123/jpah.2024-0305. Print 2024 Dec 1.
Messages à retenir
Message à retenir pour les lecteurs, comment la recherche peut/doit être utilisée
- La fumée des incendies de forêt réduit significativement l’activité physique – notamment les déplacements à vélo, la marche récréative, l’activité physique d’intensité moyenne et l’activité physique d’intensité élevée – tout en contribuant à l’augmentation du stress, de l’anxiété et de la dépression.
- La réduction de l’activité physique était corrélée à une aggravation des symptômes de stress, d’anxiété et de dépression; la réduction de l’activité physique récréative et en plein air semble médier les effets négatifs de la fumée sur le bien-être mental.
- Les personnes qui utilisaient des outils comme la cote air santé ou qui lisaient les avis publics étaient plus de deux fois plus susceptibles de déplacer leur activité physique d’intensité élevée à l’intérieur, ce qui démontre que ces outils peuvent influencer le comportement.
Contexte
- La hausse des températures et les conditions plus sèches découlant des changements climatiques créent des conditions idéales pour les incendies de forêt.
- L’exposition à long terme à la pollution de l’air ambiant (de fond) était associée à une réduction de l’activité physique et à une augmentation des symptômes d’anxiété et de dépression, ce qui met en évidence les effets plus vastes de la mauvaise qualité de l’air sur la santé.
- Jusqu’à récemment, on ne savait pas exactement comment la fumée des incendies de forêt affectait les différents types d’activité physique, ni comment les changements à l’activité physique pouvaient influencer le bien-être mental. Notre recherche contribue à combler cette lacune en explorant ces relations.
Comment l’étude a été réalisée
- 162 participants ont rempli des questionnaires sur l’activité physique et le bien-être mental au cours de deux périodes distinctes : l’une pendant une période avec fumée d’incendies de forêt et l’autre pendant une période sans fumée d’incendies de forêt.
- Les questionnaires ont permis d’obtenir des données sur :
- Les types d’activité physique, notamment le transport actif (p. ex. vélo), la marche récréative, l’activité physique d’intensité moyenne et l’activité physique d’intensité élevée.
- Les indicateurs de bien-être mental, comme les symptômes de stress, d’anxiété et de dépression.
- Nous avons également exploré :
- Comment les changements à l’activité physique étaient liés à des changements au bien-être mental dans des conditions de fumée.
- Si l’activité physique atténuait l’impact en médiant les effets de la fumée des incendies de forêt sur le bien-être mental.
- Si des outils comme la cote air santé ou les avis publics sur la qualité de l’air influençaient la décision de déplacer l’activité physique à l’intérieur.
Ce que les chercheurs ont découvert
- Pendant les périodes de fumée des incendies de forêt, les participants ont déclaré faire significativement moins de marche récréative, d’activité physique d’intensité moyenne, d’activité physique d’intensité élevée, d’exercices en plein air et de déplacements à vélo. Parallèlement, les symptômes de stress, d’anxiété et de dépression ont augmenté.
- Pendant les périodes de fumée des incendies de forêt, la réduction de l’activité physique en plein air, d’intensité moyenne, d’intensité élevée et récréative totale était liée à une aggravation des symptômes de bien-être mental.
- L’activité en plein air et l’activité physique récréative totale jouaient un rôle clé dans la médiation de l’impact de la fumée des incendies de forêt sur le bien-être mental, ce qui suggère que le fait de rester actif pourrait aider à atténuer certains des impacts de l’exposition à la fumée sur le bien-être mental.
- Les participants qui utilisaient la cote air santé ou suivaient les avis sur la qualité de l’air étaient plus de deux fois plus susceptibles de déplacer leurs séances d’entraînement d’intensité élevée à l’intérieur, ce qui souligne l’importance de disposer d’outils de santé publique accessibles pour favoriser les comportements sains pendant les périodes de fumée.
Conclusion
- La fumée des incendies de forêt perturbe considérablement l’activité physique et le bien-être mental, et la réduction de l’activité physique en plein air et récréative est liée à une augmentation des symptômes de stress, d’anxiété et de dépression.
- Il est essentiel d’aider les gens à rester actifs – soit en encourageant les alternatives à l’intérieur dans un espace où l’air est pur, soit en permettant des activités en plein air plus sécuritaires lors de périodes de fumée – pour protéger à la fois la santé physique et le bien-être mental.
- Les outils de santé publique tels que la cote air santé jouent un rôle important dans l’orientation de ces décisions.
- Breff : Quand le ciel se couvre de fumée, on bouge moins et on se sent moins bien – rester actif pourrait aider à préserver votre bien-être mental.

